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LA COMPAGNIE AKTÉ EN RÉSIDENCE

Découvrez les images de la résidence et l'interview de la compagnie

 

Du 16 au 20 novembre, le Théâtre Legendre a ouvert ses portes à la Compagnie Akté pour une semaine de résidence. L'équipe artistique a travaillé sur sa nouvelle création "Attention" qui s'intéressera aux flux audiovisuels.
 

La compagnie Akté fait le pari osé du seul en scène improvisé. Une trame dramaturgique pour seul repère et Arnaud Troalic laisse voguer sa pensée. Il est André Toujours, un "sachant" qui crée des Intelligences Artificielles. Pour autant, Albert est bien humain et lui aussi se trompe. Une création où le fond et la forme se servent parfaitement !

 

À l'occasion de la résidence de la compagnie Akté au sein de nos mur, nous en avons profité pour poser quelques questions à la compagnie sur leur nouvelle création "Attention".


• Pouvez-vous nous raconter la genèse du projet ?

Ce projet fait suite à un stage effectué avec Jeanne Candel et Lionel Gonzales intitulé "Le Théâtre ou la Vie ?"
Nous étions 15 stagiaires invités à travailler une matière textuelle (des nouvelles de Tchekhov en l'occurrence) en improvisation, en étudiant au préalable les ressorts dramaturgiques des œuvres, puis en allant au plateau avec une pensée en action, et un verbe improvisé. Cette manière de "faire théâtre" fût une réelle rencontre pour Arnaud comme pour moi.
 
Arnaud m'a ensuite convié à le rejoindre pour découvrir l'œuvre de Bernard Noël, souhaitant prolonger le travail entamé lors du stage en travaillant au plateau avec les problématiques propres à Bernard Noël : La castration mentale, la privation de sens et la servitude volontaire. Très vite nous avons eu envie de faire de nos premières tentatives un spectacle où Arnaud serait seul au plateau, s'exerçant à cet exercice périlleux d'une pensée en action.


• Pouvez-vous nous parler de Bernard Noël et de ses écrits ?

Dans la continuité du travail sur POLIS, et plus loin, d’Insultes au public mon attention s’est arrêtée sur le Monologue du nous de Bernard Noël. Une variation poétique et violente sur le sens du «nous» dans un monde où plus rien ne fait sens.
L’envie est venue de creuser l’univers d’un auteur majeur dans la littérature française. Au fil de la lecture d’une partie de son œuvre, j’ai étrangement pris plaisir à lire sa vision alarmiste de notre société. Je dis étrangement car je me suis surpris à avoir le sourire dans la lecture d’essais, de critiques et autres formes littéraires qui révèlent une société malade. Au-delà de l’intelligence de la réflexion, c’est avant tout une langue et une pensée qui cohabitent. On ne sait jamais laquelle des deux est le moteur de l’écriture chez Bernard Noël. Cela a pour effet une sensation très organique et active à la lecture, qui donne une envie d’appropriation du «je» et de jeu.

 
•  Quels sont vos rapports avec les flux audiovisuels, sujets de votre création ?

À moi personnellement ?
À la fois une utilisation jugée utile et pratique (notamment au niveau professionnel) et une méfiance : je n'ai pas de télévision, j'utilise un ordinateur portable, (petite addiction à leboncoin), et j'ai un smartphone ancienne génération (Iphone 3GS) avec lequel je ne peux pas télécharger d'applications ce qui m'arrange bien.
 
Sinon dans le cadre du projet, les flux audiovisuels sont partout, vidéoprojecteur, panneau pixellight, tulle de projection, télévision au sol, régies son et lumière avec consoles et ordinateurs...
 

• Pouvez-vous nous parler de la scénographie imaginée ?

Nous avons au plateau deux univers qui s'entrechoquent, l'analogique et le numérique.
Le plateau est un lieu lui aussi à la croisée des genres entre conférence, espace d'expérience, laboratoire photographique et plateau télévisé...
Il y a un miroir à 3 pans, un projecteur de cinéma 35mm sur roues, des bobines de film de cinéma, deux chaises rouges, un téléviseur au sol, un tulle gris à l'avant scène, sur lequel sont projetés des textes et des vidéos live, un flash de photographe sur pied, une caméra PTZ (vidéosurveillance), un grand panneau de pixels à led de 2m50x80 en forme de point d'exclamation (Attention) suspendu à 50 cm du sol.
 
 •    A quelle date la création est-elle prévue ?

Elle était prévue pour le 7 décembre mais la session de représentation va être reportée à une date ultérieure encore inconnue...
Nous avons bien entendu hâte que cette création voie le jour et rencontre un public.

 
•    Pouvez-vous nous présenter la compagnie Akté et son travail ?

La compagnie Akté a été fondée en 2000 par Anne-Sophie Pauchet et Arnaud Troalic.
Ils portent leurs projets de création en alternance, toujours en collaboration mutuelle et dans une dynamique d’échange et de confrontation d’idées. Cette complicité et ce partage, nés d’une pratique de création collective pendant plusieurs années, est un marqueur fort de l’identité d’Akté.
La compagnie travaille plus spécifiquement sur les écritures qui interrogent le monde d’aujourd’hui ou qui le font résonner (Borges Vs Goya, Exit). Elle développe des dramaturgies plurielles portées par les technologies ou les dispositifs scénographiques (ATTENTION, POLIS), et favorise la rencontre des disciplines comme avec la musique live au plateau (Toxique, L'île des esclaves).
Le rapport au mot et aux écritures est fondamental dans les créations de la compagnie, non dans une recherche documentaire ou historique (dans le cas de textes de répertoire), mais dans le décalage poétique opéré par la fiction et la mise en scène des textes choisis.
Chaque proposition interroge la position des spectateur.trice.s en en faisant un.e partenaire actif.ve. allant même parfois jusqu’à nourrir directement par les rencontres le processus de création (Culture Justice, Culture à l’hôpital, résidence de Territoire etc…). Ainsi, les nombreuses actions artistiques menées auprès de divers publics sont pensées comme un enrichissement et une complémentarité au travail de création.
Les projets de la compagnie sont élaborés dans une envie d’échange et d’horizontalité permettant de créer les conditions de la rencontre et visant chaque fois à stimuler une pensée collective plutôt qu’à transmettre une vision univoque.

 


Publié le 20 novembre 2020

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