Interview / Reportage

Rencontre avec Agathe Plaisance

Découvrez l'interview d'Agathe Plaisance, qui a rejoint récemment l'aventure des Inkubbateurs.

 

On commence avec les présentations : bonjour Agathe, peux-tu te présenter ?

J’ai commencé à faire de la musique quand j’avais douze ans en tant que bassiste d’abord, je prenais des cours à la MJC. Puis j’ai découvert que je savais chanter. J’ai alors composé mes premiers morceaux à la basse et au chant, puis petit à petit à la guitare même si je ne suis pas du tout guitariste à la base, je me débrouille. J’ai fait mon premier concert à l’âge de treize ans dans un bar à Gravigny. Depuis, je compose exclusivement à la guitare et au chant, je suis autodidacte. J’ai sorti un EP en 2016, enregistré en live acoustique dans ma salle de bain, intitulé Bathroom entièrement autofinancé. Quand je le réécoute, c’est quelque chose que je mets à distance, car même si je garde un regard tendre sur ces morceaux qui font quand même partie de ma « discographie », j’avais seulement 18 ans, une voix de bébé et un mauvais accent anglais (rires).

Tu as commencé la musique très jeune, as-tu eu la chance de monter sur scène avant les Inkubatteurs ? 

Depuis 2016, j’ai fait plusieurs scènes en parallèle de mes études : la première partie de Broken Back au Kubb en 2017, des scènes à Caen, au PortoBello Rock Club, avec le Café Sauvage, à la Fermeture éclair. J’ai même joué une fois à Rennes pour une Frip’ Show : un concert dans une friperie, seule avec ma guitare. J’ai également beaucoup participé aux soirées Vénus in Fuzz, car je suis membre de l’association. Après 2018, les concerts ont été ralentis. Je me suis vraiment consacrée à mon master aux Beaux-Arts de Caen.

Quelle est la date de ton dernier concert ? 

Mon dernier concert date de décembre 2019 avant les confinements et tout ce bazar (rires). Depuis, j’ai eu beaucoup de temps pour me remettre à la musique et composer, j’ai en tout entre quinze et vingt morceaux, dont huit nouveaux. Je vais enregistrer les huit derniers titres et les sortir sur support vinyle dans un premier album, avec l’aide d'Axel Desgrouas (Metro Verlaine) et d’Arthur Guégan (Octopus Garden Studio). Pour financer l'album, j'ai d’ailleurs tenté le dispositif Go du Start&Go.

Pourquoi c’était le bon moment de postuler à cet Inkubbateur ?

C’était le bon moment pour moi car j’avais fini mes études. J’ai beaucoup plus de temps, puis c’était assez évident qu’après les études je voudrais faire de la musique. J’ai postulé, et lorsque j’ai eu la réponse j’étais super contente, j’ai sauté de joie ! Tout cela m’encourage à revenir m’installer à Évreux, pour commencer cette toute nouvelle aventure ! 

Pour toi, qu’est-ce que cela représente cette opportunité d’être dans les Inkubatteurs du Kubb ?

Accompagnée par les Inkubbateurs, je vais travailler à la construction et la mise en place d’un live avec l’équipe du Tangram. J’aimerais ajouter des instruments, des chœurs, une boîte à rythme. Le challenge va être de rendre le tout cohérent alors que je suis toute seule sur scène à la base. Je pense que c’est grâce aux Inkubbateurs que je vais réussir à relever le défi. Je me suis toujours débrouillée avec ma guitare et ma voix, mais aujourd’hui ce n’est plus suffisant, il faut augmenter la formule. L’équipe du Kubb va pouvoir m’aider dans ce sens. Sans les Inkubatteurs, je n’aurais sans doute pas imaginer une forme aussi « pro». Là je peux me permettre de voir les choses en grand !

Qu’est-ce que tu attends de cette année d’accompagnement ?

J’espère que je vais gagner en confiance et en connaissance, rencontrer des chouettes personnes, des gens motivés, des musiciens… Maylise de May x Low est une amie d'enfance, on était ensemble à la maternelle et au collège et c'est génial car nos chemins se recroisent maintenant, grâce aux Inkubbateurs. On a halluciné d'être sélectionnées pour la même "promo" et j'imagine qu'on va pouvoir se filer des conseils et des coups de main entre Inkkubatrices. Je suis aussi très contente de travailler avec Alban et Léo. J'ai confiance en leur travail et c'est très engageant et motivant pour la suite. J’espère que la concrétisation de ce live va me permettre de faire des concerts, dès que cela sera de nouveau possible, et qu’avec cet album et ces lives prêts j’aurais la chance de faire voyager ma musique.

Quelle est ta journée type quand tu viens travailler au KUBB ?

Je vis et travaille encore à Caen, je viens dès que j’ai des temps libres pour des journées de répétitions. La dernière fois que je suis venue, j’avais mes deux guitares (électrique et acoustique) et ma pédale loop, j'ai tenté des choses. Il faut que j'imagine un live avec d’autres sonorités, en accord avec ce qui sera sur l'album.

Revenons sur ta musique et ton univers, tu fais de la folk, quelles sont tes influences et tes inspirations musicales ?

C’est vrai que je fais plutôt de la musique folk, même si ça peut avoir des sons un peu blues, pop indé, rock… en fonction des morceaux. Je n’écoute pas forcément que de la folk, même si j’en écoute, nécessairement... J’écoute beaucoup de voix féminines d’artistes qui sont incontournables dans mon répertoire comme Cat Power, Michelle Gurevich, Françoise Hardy qui est absolument incroyable car elle faisait tout toute seule. J’aime beaucoup Brigitte Fontaine aussi, pour sa folie et son interprétation. J’écoute pleins de registres différents donc mon univers se nourrit de toutes ces influences : notamment Anika, une jeune artiste qui fait une sorte de « techno » très sombre que j’apprécie bien, ou encore Beth Gibbons...

Tu cites Brigitte Fontaine et Françoise Hardy, tu chantes uniquement en anglais ?

Je chante en anglais et en espagnol ! J’espère un jour composer en français même si ce n’est pas du tout une langue avec laquelle je suis à l’aise pour chanter. J’écris beaucoup de poèmes en français. Quand j’étais aux Beaux-Arts je composais des poèmes sonores que je lisais sur scène. Mais je n’ai jamais vraiment réussi à composer une musique en français qui me satisfasse. J’aime beaucoup l’anglais en termes de sonorité et d’onomatopée, je suis plus à l’aise avec cette langue universelle.

 

 

Comment définis-tu ton univers ? Si tu avais seulement trois mots que dirais-tu ?

Je viens du milieu garage, rock indé et psychédélique. J’ai évolué entourée par des musiciens et des groupes tels que les Guadal Tejaz, qui ont fait un live dernièrement au Tangram, j'ai été et suis assez proche des Métro Verlaine ou des You Said Strange, pour les « ébroïciens ». Sinon, plus dans mon univers, H-Burns est une bonne référence, j’ai du respect pour leur travail. Mon univers est à la fois sombre, minimaliste et assez doux. J’imagine qu'il va rester à peu près comme cela, même s’il va peut-être sûrement évoluer. C’est hyper dur de trouver trois mots, je dirais : douceur, féminisme et profondeur.

Je rebondis sur le féminisme, tu es une artiste engagée, quelles sont les thématiques qui inspirent ton écriture ?

La musique c’est l’occasion pour moi de transmettre des messages et générer des émotions. Quand j’étais plus jeune, j’écrivais beaucoup sur la thématique de l’amour, il y a toujours l’amour dans mon travail. Faire de la musique c’est déjà parler d’une histoire d’amour avec la musique. J’ai beaucoup écris sur le mal-être intérieur, sur les comportements destructifs, l’addiction à l’alcool ou à la drogue. Mes derniers textes parlent beaucoup de la figure de la sorcière. Je me sers de cette figure pour parler de moi et de pleins d’autres femmes qu’on traite de sorcières quand elles veulent être libres. C’est encore très dur d’être une femme dans le milieu musical... En fait, je cherche à donner de la voix aux femmes en explorant ma propre féminité. Je parle également beaucoup d’écologie dans mes textes.

Tu disais que tu étais proche de la musique des Guadal Tejaz, faisais-tu partie des personnes connectées sur leur live ? 

Oui je les ai regardés dans ma cuisine, c’était bizarre de voir un concert chez soi... mais pas désagréable. En tant que musicienne je me prêterai évidemment au jeu du live stream, car pour l’instant c’est le seul moyen que l'on a de diffuser de la musique en direct et de la partager avec du monde. J’espère juste que ça ne sera pas la « nouvelle formule définitive », car ça serait très frustrant. En tant que spectatrice, les concerts me manquent énormément.

 

 

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Publié le 02 avril 2021

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