DENIS DIDEROT / ANNE THÉRON
La Religieuse
Un grand drapé tombé des cintres tapisse le mur de fond et le plancher de la scène. Une énorme voile. Peut-être une robe ? Peut-être un drap ? Tour à tour blanc, rouge en demi-teinte ou vert franc selon les moments et les évolutions du personnage. Cette voile (ce voile ?) enveloppe Suzanne Simonin, bâtarde enfermée dans la cellule d’un couvent afin d’expier la faute de sa mère.
Elle est seule en scène, habitée par les voix qui l’oppriment et l’ont conduite jusqu’au cloître. Les voix de l’oppression, celles des mères, la sienne en premier qui espère sa propre rédemption avec la mise au couvent de sa fille, et celles des «mères supérieures» des communautés au sein desquelles elle est recluse. Dans ce combat contre l’enfermement, l’identité contestée, la condamnation injuste, elle délivre les espaces intimes de sa mémoire, avec ses fragilités, ses certitudes et ses colères.
Vingt ans après sa première mise en scène de ce texte, Anne Théron reprend de nouveau sa libre adaptation du roman de Diderot. Deux siècles et demi après sa rédaction, ce sont d’autres couvents, d’autres fautes et d’autres injustices qui résonnent. La dénonciation et la revendication demeurent. La comédienne Marie-Laure Crochant incarne de nouveau le rôle, assurant à son tour la continuité et l’actualité du combat.
Un choc visuel et émotionnel. À en frémir.
La Coursive
texte original Anne Théron / monologue librement adapté du roman-mémoires La Religieuse de Denis Diderot (1780) / avec Marie-Laure Crochant / mise en scène Anne Théron / assistante Claire Schmitt / scénographie-costumes Barbara Kraft / lumières Benoît Théron / création sonore José Barinaga, Jean-Baptiste Droulers / accompagnement chorégraphique Sun Fang
compagnie Les Productions Merlin Coproduction Mixt à Nantes, Bonlieu Scène nationale Annecy, Le Théâtre Scène nationale de Saint Nazaire / La compagnie Les Productions Merlin est conventionnée par le ministère de la Culture - DRAC Nouvelle-Aquitaine © photo Margaux Martin




