Sorties de résidence
Chaque année, la Scène nationale coproduit et accompagne, en conformité avec ses missions, les créations d’une dizaine de compagnies dont certaines bénéficient, outre d’un soutien financier, d’un accueil en résidence pour répéter au Tangram et éprouver leurs projets sur le plateau. Nous continuons à vous inviter à assister gratuitement à des « sorties de résidences », à savoir une présentation du travail des compagnies en création. Faites partie de ce public témoin privilégié, assistez à des spectacles en train de naître, vivez un moment exceptionnel, enrichi par un échange avec les artistes, laissez-vous surprendre !
Angelo Jossec propose une dystopie inspirée par le film de science-fiction Soleil Vert de Richard Fleischer (1973). Sous couvert d’une fiction policière se déroulant en 2077, il retrace l’histoire du développement agro-industriel de 1850 à 2076 et imagine le quotidien de la génération du début du XXIe siècle, arrivée au terme de son espérance de vie. Si le discours scientifique semble démobiliser et le discours techno-solutionniste mener à l’impasse, d’autres questions apparaissent enfin. Comment construire un récit collectif sans partager la solitude, voire la honte d’appartenir à ce temps ? Nos tristesses sont peut-être la dernière des subversions authentiques et pourraient bien réveiller l’empathie, l’inattendu, l’inespéré... et déjouer les Cassandres de notre époque.
jeudi 8 octobre au Théâtre Legendre 15h30
Violette a 16 ans. Au lycée, elle devient le point de fixation de la violence des autres. Léonard, figure dominante du groupe, la rejette avec une brutalité croissante, incapable d’assumer le désir trouble qu’elle éveille en lui, puis son sentiment contrarié. Alors l’imaginaire de Violette devient un outil de résistance pour faire face à ces attaques. Se construit dès lors une spirale de la violence, où chaque agression mène vers une inéluctable tragédie. La pièce présente des fragments d’adolescence, traversés par la honte, le désir, la colère et la peur. Les logiques de domination se glissent dans les silences, les regards et les humiliations ordinaires, comme un langage appris trop tôt face à un système qui interdit la vulnérabilité.
vendredi 20 novembre au Théâtre Legendre 15h30
Après le spectacle La Mer de Poséidon en caddie présenté au Tangram en mai 2024 qui explorait les chausse-trapes d’un hypermarché, ce roman théâtral cinématographique mêle arts numériques, danse krump et théâtre. La création ausculte un autre « non-lieu », ces espaces fonctionnels et déshumanisés nés de la mondialisation : une aire d’autoroute. Bientôt, un incendie finit par atteindre l’autoroute et les automobilistes sont redirigés sur cette aire qui doit alors faire face à cette affluence et gérer les angoisses dues à la catastrophe. Peut-on décemment faire le plein, manger des glaces et danser quand tout brûle à nos portes ? Et que restera-t-il de nos prises de conscience après la pluie de cendres ?
vendredi 18 décembre au Théâtre Legendre 15h30
« Je veux écrire Seul silence pour inventer et raconter un monde fantastique où les enfants (et par ricochet les vieux) seraient choyés et pour l’espoir et la rage joyeuse de construire un ailleurs », nous dit Claire Barrabès, artiste fidèle du Tangram. Après avoir mené des labos auprès d’élèves à Évreux en lien avec la Scène nationale, elle propose une pièce autour de l’enfantisme (défense et protection de l’enfant et de ses droits, angle mort du féminisme). « Faire entendre les voix rurales, les voix précaires, les voix déclassées, mais surtout la voix inaudible des enfants et adolescents, leurs militances et leurs combats », voilà l’enjeu de cette création.
vendredi 19 février au Théâtre Legendre 15h30
Spectacle visuel et de marionnettes à taille humaine, -196 degrés traite du deuil et du déni qui l’accompagne. C’est l’histoire d’un homme qui, rongé par la douleur de la mort de sa femme, repoussera les limites de l’acceptable pour ne pas affronter son deuil final. Il est perturbé par une inconnue de taille : sa femme pourra-t-elle être un jour ramenée à la vie par la science ? -196 degrés, c’est la température à laquelle les corps cryogénisés sont congelés jusqu’au jour où ils seront réanimés. Cette « solution » serait-elle une alternative pour panser l’âme ?
jeudi 18 mars au Théâtre Legendre 15h30
Après la lecture par Nadège Cathelineau de son texte le 19 septembre, la compagnie revient au Théâtre Legendre pour une semaine de répétitions et vous invite à suivre le work in progress lors de cette sortie de résidence.
vendredi 30 avril au Théâtre Legendre 15h30